Au risque de passer pour un « homme d’âge mûr en pleine panique morale », le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique de Suède, Jakob Forssmed, a compris qu’il devait agir lorsque des hôpitaux lui ont rapporté des « témoignages très troublants » liés à l’utilisation des téléphones par les patients.
« Un médecin m’a expliqué que dans l’un des hôpitaux de Suède, ils ont dû retirer les berceaux de plastique dans lesquels on dépose les nouveau-nés. Les poupons restaient dans les berceaux, plutôt qu’avec leur mère, parce qu’elles étaient trop occupées sur les réseaux sociaux », relate le ministre, un des six élus démocrates-chrétiens membres du gouvernement de coalition dirigé par le premier ministre conservateur Ulf Kristersson.
La Suède a beau être le berceau de Minecraft, de Candy Crush, de Spotify et de la technologie Bluetooth, M. Forssmed vient de charger son Agence de santé publique d’étudier ce qu’il appelle la « technoférence » (techference, en anglais), soit l’impact de l’utilisation des écrans par les adultes sur les enfants.
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En Suède, le scintillement des écrans de cellulaires est omniprésent.
Au terme de l’exercice, le pays deviendra probablement le premier d’Europe à publier des recommandations sur les temps d’écran visant spécifiquement les adultes. « Nous pouvons améliorer les choses », plaide le ministre.
Dans ce pays où le soleil se couche sur sa capitale à 14 h 45 en décembre, le scintillement des écrans de cellulaires est pourtant omniprésent. Les Suédois présentent leur mobile pour payer le métro, le bus et le train. L’argent comptant – refusé dans un nombre croissant de commerces – a été remplacé en grande partie par le système de paiement Swish, fonctionnant uniquement avec téléphone cellulaire, qui est utilisé par 8,7 millions des 10,6 millions de Suédois. Même les boîtes postales ont pratiquement disparu, rempl...
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